lors du travail de la terre. Enfin, les plantes sauvages qui se plaisent naturellement dans votre jardin ou aux alentours, vous renseignent également : La renoncule âcre, le plantain, le pissenlit, le rumex, le tussilage, la pâquerette, le frêne, la ficaire sont quelques unes des plantes couramment rencontrées en sols argileux.
Cette appréciation peut être modifiée par la présence de cailloux et par la richesse de votre terre en humus. Une terre argileuse contenant plus de 10 % de matières organiques devient une terre humifère et possède des caractéristiques bien différentes. Avantages et inconvénients de l’argile :
Grâce à ses particules fines, elle est capable de retenir de grandes quantités d’eau au point qu’il ne reste pratiquement plus d’air et qu’elle devient asphyxiante. Mais cette grande capacité de rétention lui permet de stocker beaucoup d’éléments nutritifs dissous dans l’eau ce qui la rend potentiellement très fertile.
Son caractère lourd favorise un enracinement fort, fait de grosses racines capables de progresser dans des terres peu aérées. Les plantes les mieux adaptées à l’argile développent plutôt ce type d’enracinement à l’extrême opposé des plantes de terre de bruyère qui ont un système radiculaire très fin, dense et ramifié. Pourtant, il est possible de cultiver les Rhododendrons, Azalées et toutes autres plantes de ce type de sol dans une terre argileuse. Pour cela, il faut donner à la plante les conditions nécessaires à l’adaptation de son système radiculaire. Les racines des plantes s’adaptent en fonction de la nature de la terre qu’elles rencontrent mais s’il y a trop de différences entre deux couches de terre elles ne s’aventurent pas au delà de la limite. Il faut donc entre les deux zones un mélange intermédiaire qui permet aux racines de s’adapter. Lorsque vous plantez une plante cultivée en terre de bruyère, creusez un trou 2 à 3 fois plus large et plus profond que la motte de votre plante, remplissez le trou d’une moitié de tourbe, de compost et finissez avec la terre de votre jardin, mélangez bien le tout et repiquez votre plante dans ce mélange.
A force de travail et d’amendement une terre lourde peut être allégée et rendue plus facile à travailler alors qu’il est difficile d’alourdir une terre trop légère. Comment en tirer le meilleur parti ?
L’argile collante, lourde et compacte en hiver est en fait ce que l’on appelle un colloïde dont l’ensemble des particules chargées négativement se repoussent les unes les autres. Si vous observez une flaque dans un tel terrain, l’eau est trouble et le reste longtemps du fait que ces éléments restent en suspension. L’apport d’humus, de calcium ou de magnésium chargés positivement «colle» les particules les unes aux autres, formant de petits flocons qui se déposent. Il faut donc amender les terres argileuses pour obtenir ce qu’on appelle la floculation des particules. L’argile et l’humus reliés par le calcaire constituent une structure grumeleuse qui sera stable et gage d’une plus grande fertilité. Ce sont des terres en général profondes, capables de stocker beaucoup d’eau et d’éléments minéraux. Suffisamment aérées, elles permettent le développement d’une microflore et d’une microfaune abondantes.
Comment la travailler et l’entretenir ?
Lorsqu’elle n’est pas trop trempée après les premières pluies de l’automne et bien avant l’hiver, vous pouvez la bêcher. S’il s’agit d’une pelouse que vous souhaitez retourner pour créer un massif vous pouvez attendre jusqu’au mois d’octobre. Formez de grosses mottes en prenant soin de bien enterrer l’herbe. Laissez tranquille tout l’hiver, l’action des pluies et de la gelée fractionnera les mottes et il ne vous restera plus qu’à niveler à l’aide d’un outil à dents dès que le terrain sera ressuyé au printemps dans les premières belles journées. N’attendez pas trop car les mottes d’argile en séchant deviennent de gros blocs difficiles à casser.
Comment l’amender ?
Amender une terre, c’est en améliorer les propriétés par l’apport de nouveaux constituants physiques (humus, calcaire, sable ou gravier).
Le calcaire peut être apporté sous forme de craie, de chaux, de cendre de bois ou d’autres formes disponibles dans le commerce . Il a pour effet d’augmenter le pH et de favoriser la transformation des matières organiques en humus. Il doit être apporté à petites doses si vous voulez éviter les risques de chloroses.
L’humus ; c’est ainsi que l’on désigne la forme que prennent les matières organiques avant de se minéraliser pour devenir assimilables par les plantes. Un compost bien décomposé ou bien mûr est constitué en majeure partie d’humus et dans une moindre part, d’éléments déjà minéralisés et de matériaux non encore transformés.
L’humus peut être apporté de plusieurs façons : compost et terreaux du commerce, déchets organiques du jardin et même de la maison. Les tontes de gazon mélangées à des feuilles mortes ou de la paille, mises en tas puis remuées et apportées en surface à l’automne sont une vraie mine d’or. Un bon compost est pratiquement inodore, à peine une odeur de sous-bois et de champignons, il doit être suffisamment humidifié et régulièrement mélangé. Les matières organiques peuvent être mises à décomposer en tas ou à la surface du sol. ne jamais incorporer des matières organiques qui ne sont pas bien décomposées. Laissez les vers de terre travailler et les incorporer à votre place, ils agissent pour vous et surtout pour vos plantes.
Apporter les matières organiques en surface du sol pour qu’elles s’y décomposent et ainsi réaliser un paillage de vos plate-bandes ; c’est le rôle du mulch.
Enfin, dans certains cas et particulièrement pour certaines plantes, il peut être intéressant d’améliorer les qualités physiques du sol sans pour autant l’enrichir. La solution consiste à apporter des quantités de sable grossier ou de gravier. Vous pouvez en mettre jusqu’à 10 centimètres d’épaisseur à mélanger avec les 20 premiers centimètres de terre, soit la profondeur d’un fer de bêche et éventuellement vous pouvez également apporter de la tourbe pour alléger sans enrichir. Certaines plantes apprécient les terres bien drainées plutôt pauvres.
Les terres argileuses ont une tendance naturelle à l’acidification qu’il faut corriger à un pH proche de 7 pour éviter les carences en éléments minéraux (l’acidité provoquant des blocages ou des insolubilités). Utilisez des amendements calcaires pour les plantes qui craignent ces carences
Quelles plantes y faire pousser ?
A vrai dire, il est possible de faire pousser toutes les plantes que l’on souhaite dans une terre argileuse. Pour cela il vous faudra amender ou corriger localement la nature de votre terre et la plantation devra être réalisée avec plus d’attention qu’ailleurs.
Contrairement à une démarche de plus en plus fréquente qui consiste à alléger les substrats de culture en pot, nous utilisons un terreau riche d’au moins 20% d’argile pour une meilleure reprise des plantes et une adaptation plus rapide aux sols lourds.
La plupart des plantes vendues dans le commerce sont cultivées par commodité dans des substrats légers et poreux très différents des conditions qu’offre une terre argileuse. Le système radiculaire des plantes poussant en terre légère est un dense réseau de fines racines alors qu’en terre lourde et compacte, les racines sont moins nombreuses mais plus fortes. Le système radiculaire d’une même plante s’adapte ainsi en fonction de la nature de la terre qu’il rencontre. Il faut donc donner à vos plantes les conditions propices à l’adaptation des racines aux qualités de votre sol. Les plantes cultivées dans un mélange exclusivement tourbeux devront trouver tout autour de leur motte un mélange de tourbe et de terre de votre jardin pour que progressivement, elles s’adaptent et s’affranchissent de la tourbe. Nos plantes produites dans un mélange comportant déjà de l’argile demandent autant de précaution mais s’adaptent ainsi plus rapidement.